FAIT : Une publication sur Facebook, du mardi 6 janvier 2026, explique que le président nigérien, Abdourahamane Tiani est impliqué dans la tentative de coup d’Etat du 7 décembre 2025 au Bénin (voir lien archivé ici).
VERDICT : FAUX. Aucune preuve, aucune version officielle des autorités béninoises n’atteste cette allégation d’une implication du chef d’Etat nigérien dans les évènements du 7 décembre 2025.
TEXTE
Le 6 janvier 2026, l’internaute, Assogba Armel Guékpon prétend, dans une publication sur Facebook, que des actions du président du Niger, Abdourahamane Tiani prouvent son implication dans la tentative de coup d’Etat menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, déjouée de justesse par les forces loyalistes. L’internaute soutient par trois éléments qu’il qualifie de ‘’faits accablants’’.
‘’Des Frontières Fermées… Puis une Menace Militaire ? Tchiani avait verrouillé les frontières avec le Bénin depuis 2023, aggravant une crise diplomatique et économique. Contre toute attente, des mouvements suspects ont été signalés autour du 6 décembre 2025, avec un contingent nigérien positionné à la frontière, prêt à intervenir, une manœuvre qui coïncide étrangement avec le coup du lendemain. Pourquoi cette ouverture soudaine si ce n’est pour faciliter une incursion ? cela sent la complicité !’’, accuse-t-il.
La deuxième supposée preuve citée par Assogba Armel Guékpon est liée au Lieutenant-Colonel, Pascal Tigri, leader des putschistes. Selon l’internaute, ‘’des enquêtes approfondies et relayées par Jeune Afrique, Tigri, le meneur du putsch, aurait trouvé refuge au Niger après l’échec’’. Assogba Armel Guékpon qui cite des sources béninoises et nigériennes explique que ‘’la junte de Tiani était avertie à l’avance et aurait même soutenu les putschistes’’. ‘’Si Niamey n’était pas impliqué, pourquoi abriter un fugitif au lieu de l’extrader ? C’est une preuve flagrante de protection ! ’’, se défend-il.
Enfin la troisième preuve de l’implication du président nigérien citée par l’internaute Assogba Armel Guékpon concerne un dossier d’expulsion réciproque entre Cotonou et Niamey à la suite des évènements du 7 décembre 2025. ‘’Le Bénin a expulsé deux agents nigériens de son ambassade à Cotonou le 1er janvier 2026, un agent de renseignement et un policier, soupçonnés d’être mêlés au coup sous couverture diplomatique. Au lieu de coopérer pour élucider l’affaire, Tchiani a riposté en déclarant “persona non grata” le premier conseiller béninois à Niamey, Seidou Imourana ! Si le Niger était innocent, il prêterait main forte à son voisin. Cette escalade diplomatique crie la culpabilité !’’, a-t-il écrit.

Source : Capture d’écran de la publication vérifiée
La publication de l’internaute Assogba Armel Guékpon a enregistré 264 mentions ‘’J’aime’’, 164 commentaires et 43 partages à la date du samedi 10 janvier 2026 (Voir ici le lien archivé).
Le post de l’utilisateur de Facebook apparaît sur le réseau social Facebook dans un contexte de tension entre le Bénin et le Niger. Niamey accuse Cotonou d’abriter des bases militaires françaises pour le déstabiliser. Ces accusations ont été rejetées par les autorités béninoises et l’armée française.
La publication de l’utilisateur de Facebook intervient un mois après la tentative de coup d’Etat, le 7 décembre 2025 au Bénin. Ce jour, un groupe de militaires ont fait leur apparition à la télévision annonçant démettre le président Patrice Talon de ses fonctions. Réunis au sein du « Comité militaire pour la refondation CMR », ces soldats ont dit avoir nommé le Lieutenant-colonel Pascal Tigri à la tête du comité. Le coup d’Etat a été déjoué par les forces armées béninoises loyalistes appuyées par des forces mobilisées par la Communauté économique des Etats de l’Ouest (CEDEAO).

Source : Capture d’écran de la vidéo des mutins à la télévision nationale
Selon Patrice Talon, les mutins et leur leader, le Lieutenant-Colonel sont en fuite. Un mandat international a été émis contre eux. Le 16 décembre 2025, 30 personnes dont 29 militaires et un civil arrêtées dans le cadre des enquêtes ont été emprisonnées après leur présentation à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Elles sont poursuivies entre autres, pour « trahison », « assassinat » et « attentat à la sûreté de l’État ».
VÉRIFICATION
Nous avons consulté le compte rendu du conseil des ministres extraordinaire du gouvernement béninois qui fait le point des événements survenus dans la journée du 7 décembre 2025. Nous avons également visionné la vidéo de la sortie médiatique du président Patrice Talon au cours de laquelle il s’est prononcé sur la tentative de coup d’Etat.
Contrairement à la publication de l’internaute, Assogba Armel Guékpon, aucun élément ne prouve que le président nigérien, Général Abdourahamane Tiani, est impliqué dans la tentative de coup d’Etat au Bénin. Pour l’heure, les autorités béninoises n’ont pas évoqué le lieu de refuge des mutins.
La frontière entre le Bénin et le Niger est officiellement fermée depuis juillet 2023. Les autorités nigériennes justifient cette fermeture par des raisons sécuritaires.
CONCLUSION
Les affirmations de l’internaute n’ont aucun fondement documenté. Aucun élément de preuve ne permet, à ce jour, d’établir une quelconque responsabilité du président du Niger, Abdourahmane Tiani, dans la tentative de coup d’Etat du 7 décembre 2025 au Bénin.