Site icon Dubawa

Non, aucun magistrat n’a été retiré des Commissions régionales électorales bissau-guinéennes

image

Source : https://pgr.gw/ 

FAIT :  Un utilisateur de Facebook nommé Sumaila a publié une information affirmant que, sur ordre venant du Chef de l’Etat sortant Umaro Sissoco Embaló, le parquet a ordonné la révocation des magistrats chargés de superviser le dépouillement régional (CRE) des résultats des élections couplées en Guinée-Bissau.

TEXTE 

L’internaute Sumaila a, le 24 novembre 2025, publié une information selon laquelle les magistrats sont retirés du processus de dépouillement dans les commissions régionales électorales. Selon lui, c’est le président de la République sortant, Umaro Sissoco Embaló, candidat à sa propre succession, qui a donné l’ordre au parquet.

Non, aucun magistrat n’a été retiré des Commissions régionales électorales bissau-guinéennes

Source: Facebook Sumaila

Nous vous proposons ci-dessous, la traduction de l’intégralité de la publication :

Contrairement aux dispositions de la loi électorale, le parquet, à la demande d’Umaro Sissoco Embaló, a ordonné la révocation des magistrats chargés de superviser le dépouillement régional des résultats des élections simultanées en Guinée-Bissau. Par ailleurs, Umaro Sissoco Embaló s’ingère directement dans le processus de dépouillement des votes dans la région de Bafatá, l’une des plus représentatives du pays, allant jusqu’à exiger tous les procès-verbaux relatifs aux circonscriptions électorales de cette région.

La phase de dépouillement régional des résultats électoraux est cruciale pour garantir ce qui reste de l’intégrité des élections en Guinée-Bissau. C’est pourquoi la loi électorale exige son exécution transparente, sous la supervision des procureurs et après information complète des candidats et des organisations politiques en lice. L’ordonnance ci-jointe, datée du 30 mai 2023 et émise par le procureur général de la République de l’époque, témoigne de l’importance capitale de cette phase de dépouillement pour la sauvegarde de la vérité électorale. Les missions d’observation électorale de l’Union africaine – dirigée par Filipe Nyusi, ancien président du Mozambique, ami et complice du dictateur guinéen ; du CPLP, organisation présidée par Umaro Sissoco Embaló ; et de la CEDEAO, autre organisation au service des régimes despotiques et soumise au néocolonialisme en Afrique de l’Ouest – sont appelées à assumer leurs responsabilités et à consigner ces événements, ainsi que d’autres qui aggravent les tentatives de manipulation des résultats électoraux, dans un processus vicié dès sa conception. Le peuple de Guinée-Bissau n’acceptera aucun rapport de ces missions se contentant de déclarations convenues sur des « élections libres, équitables et transparentes », sans la garantie d’un respect scrupuleux de la loi électorale de Guinée-Bissau.

Le peuple est appelé à la vigilance et à la mobilisation dans les rues de son pays pour défendre sa souveraineté et son droit de choisir les dirigeants de ses institutions étatiques. La chute de la dictature de Sissoco est impérative.

Unité et lutte !”, fin de citation. 

Les photos illustratives montrent une lettre datée du 30 mai 2023 du ministère public adressée au président de la Commission nationale électorale (CNE). Dans cette correspondance, le courrier demande “la production des procès verbaux des opérations de dépouillement des résultats électoraux par circonscription”. 

Non, aucun magistrat n’a été retiré des Commissions régionales électorales bissau-guinéennes

Source : capture d’écran de la publication Facebook Sumaila

VÉRIFICATION

Nos recherches nous ont menés à un communiqué du parquet lu au journal de la télévision nationale TGB (à partir de la 5ᵉ minute) le 24 novembre 2025. Le ministère public, via un communiqué, a démenti le supposé retrait des magistrats du processus de centralisation des votes au niveau régional. « À aucun moment le Procureur général de la République, le Vice-procureur général ou tout autre magistrat du ministère public n’a émis d’instructions, directes ou indirectes, relatives à l’éloignement des représentants des partis politiques ou des candidats du processus de dépouillement », se défend le parquet, affirmant que « toutes ces informations diffusées sont totalement fausses ».

Le ministère public souligne qu’« il appartient aux Commissions régionales des élections (CRE) et à la Commission nationale des élections (CNE) de gérer et d’organiser toutes les phases du processus de vote et de dépouillement ».

Par ailleurs, la lettre publiée par l’internaute Facebook Sumaila n’est pas récente. Elle date du 30 mai 2023. Elle ne fait nullement mention de “révocation des magistrats chargés de superviser le dépouillement régional (CRE) des résultats des élections couplées en Guinée-Bissau”.

CONCLUSION

L’affirmation relayée par l’internaute Sumaila repose sur des accusations non étayées. Le ministère public a rejeté toute implication dans un éventuel retrait de magistrats et rappelle que la gestion du processus électoral relève exclusivement des CRE et de la CNE.

Exit mobile version