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Non, le président de transition de la Guinée n’a pas déclaré : « ceux qui ne croyaient pas en moi, vous avez compris je ne suis pas homme de parole »

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FAIT : Une vidéo circule sur Facebook et TikTok montrant le président de la transition guinéenne, le Général Mamadi Doumbouya, prononçant la phrase suivante : « ceux qui ne croyaient pas en moi vous avez compris je ne suis pas homme de parole ».

TEXTE 

Le 5 septembre 2021, l’armée guinéenne, sous la direction du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) mené par le Colonel Mamadi Doumbouya, a renversé le régime d’Alpha Condé par un coup d’État militaire. Doumbouya avait justifié cette prise de pouvoir en évoquant la « situation sociopolitique et économique du pays », le « dysfonctionnement des institutions républicaines », la « Gabegie financière », la « pauvreté et la corruption endémique ».

Dans le cadre de la transition, une Charte avait été mise en place, stipulant clairement qu’aucun membre du CNRD ou du gouvernement de transition ne serait candidat à des élections. Le président de la transition, lui-même, a répété cette promesse plusieurs fois lors de ses sorties médiatiques. Cependant, après l’adoption d’une nouvelle constitution par référendum et la fixation de la date du scrutin au 28 décembre prochain, Mamadi Doumbouya, actuel président de la transition, s’est finalement présenté comme candidat. Cet acte est considéré par de nombreux observateurs politiques comme une trahison des engagements pris. Il faut cependant préciser que la nouvelle constitution de la République de Guinée, adoptée après le référendum de septembre 2025, n’exclut pas la candidature des membres du CNRD.

Non, le président de transition de la Guinée n'a pas déclaré : « ceux qui ne croyaient pas en moi, vous avez compris je ne suis pas homme de parole »

Source : constitution guinéenne, extrait conditions pour être candidat

C’est dans ce contexte tendu et de vives critiques que cette fausse vidéo a été mise en circulation sur les plateformes sociales. La vidéo est accompagnée d’une légende : « T’as trahi Alpha Condé t’as trahi tes amis maintenant le peuple l’histoire retiendra cette trahison». 

Non, le président de transition de la Guinée n'a pas déclaré : « ceux qui ne croyaient pas en moi, vous avez compris je ne suis pas homme de parole »

Source: Capture d’écran des publications trompeuses  

VÉRIFICATION

Une recherche inversée d’images nous a permis de retrouver la source de l’image utilisée pour créer le deepfake. C’est une photo prise par la Direction de l’information et de la communication de la Présidence guinéenne, lors de la cérémonie de remise du Programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040 à la Présidence, au Palais Mohammed V, le mardi 28 octobre 2025.

Non, le président de transition de la Guinée n'a pas déclaré : « ceux qui ne croyaient pas en moi, vous avez compris je ne suis pas homme de parole »

Source: Capture page de la Présidence de la République de Guinée   

Nous avons également soumis la vidéo au Deepware Scanner, un outil spécialement conçu pour détecter les deepfakes.

Cet outil qui utilise des algorithmes d’intelligence artificielle pour évaluer la probabilité qu’une vidéo soit générée artificiellement, indique avec une forte certitude (80%) que la vidéo analysée est un deepfake. 

Par ailleurs, l’analyse technique a notamment révélé que la séquence a été modifiée numériquement et que la manipulation a impliqué l’altération du visage et la création d’un clone vocal. Le modèle d’analyse “Seferbekov” détecte cette manipulation avec une certitude encore plus élevée (98%).

Source: capture d’écran resultat deepware  

Ces preuves confirment que la vidéo n’est pas un enregistrement authentique; mais un contenu synthétique visant à discréditer le Président de la Transition.

CONCLUSION

La vidéo montrant le Général Mamadi Doumbouya avouer qu’il n’est « pas homme de parole» est un montage créé par l’intelligence artificielle. Le contenu est totalement faux et a été fabriqué dans le but de tromper les citoyens sur l’intégrité du Chef de l’État à quelques jours de la présidentielle du 28 décembre 2025.

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