Source : Senenews
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FAIT : Un visuel largement relayé sur Facebook et Instagram affirme qu’un décret a instauré un système de vidéo-verbalisation permettant de sanctionner automatiquement plusieurs infractions routières au Sénégal, avec des amendes pouvant atteindre 50 000 FCFA (environ 76 euros). L’information a ensuite été reprise par plusieurs médias en ligne, dont Senenews et Senego.
VERDICT : FAUX. À ce jour, aucun décret n’a instauré un système de vidéo-verbalisation au Sénégal. Le ministère des Transports terrestres et aériens (MiTTA) a officiellement démenti cette information le 30 juin 2026. Il précise qu’un projet de contrôle automatisé de la circulation est bien en préparation; mais qu’aucun dispositif n’est encore opérationnel et qu’aucune communication officielle n’a annoncé son entrée en vigueur.
TEXTE
Depuis la fin du mois de juin 2026, un visuel annonçant l’entrée en vigueur d’un système de vidéo-verbalisation circule sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook et Instagram, mais également dans des conversations privées sur WhatsApp. L’affiche affirme que le gouvernement sénégalais a adopté un décret autorisant la verbalisation automatique de plusieurs infractions routières grâce à des radars et à des caméras de surveillance, sans interception des conducteurs par les forces de l’ordre.
Elle détaille même un barème de sanctions présenté comme officiel :
25 000 FCFA (38 euros) pour un excès de vitesse ;
25 000 FCFA (38 euros) pour l’usage du téléphone au volant ;
20 000 FCFA (30,4 euros) pour le non-port de la ceinture de sécurité ;
50 000 FCFA (environ 76 euros) pour le non-respect d’un feu rouge ;
50 000 FCFA (environ 76 euros) pour la circulation en sens interdit ;
20 000 FCFA (30,4 euros) pour le chevauchement d’une ligne continue ;
25 000 FCFA (38 euros) pour le non-respect des distances de sécurité.
Le document indique également que le titulaire de la carte grise serait automatiquement présumé responsable de l’infraction, sauf preuve contraire.

Source : publication Instagram de Assane_ffaall

Source : publication Facebook de Sakal Infos
L’information a rapidement dépassé les réseaux sociaux pour atteindre la presse. Elle a été reprise par plusieurs médias en ligne, notamment Senenews et Senego, deux des plateformes d’information les plus suivies au Sénégal. Leurs articles présentent la vidéo-verbalisation comme un dispositif déjà entré en vigueur en vertu d’un prétendu décret gouvernemental.

Source : Senenews

Source : Senego
La diffusion de ce visuel intervient dans un contexte où les questions de sécurité routière occupent une place importante dans le débat public sénégalais. Les autorités ont multiplié ces derniers mois les annonces sur la lutte contre les accidents de la circulation, alors que de nombreux usagers dénoncent régulièrement les contrôles routiers qu’ils assimilent à des tracasseries ou à des contrôles entraînant parfois une forme de racket des automobilistes.
VÉRIFICATION
Aucun décret instaurant la vidéo-verbalisation n’a été publié par les autorités sénégalaises. Le 30 juin 2026, le ministère des Transports terrestres et aériens (MiTTA) a publié un communiqué officiel pour démentir l’information. Dans ce communiqué, le ministère indique avoir constaté « la diffusion, sur les réseaux sociaux et certaines plateformes de messagerie, d’une affiche faisant état de l’entrée en service de radars sur l’autoroute ». Il précise que ce document n’émane ni de ses services, ni des forces de l’ordre et qu’aucune des informations qu’il contient n’est officiel. Le communiqué du ministère ajoute que : « les seuils de vitesse, les montants d’amendes et les mesures coercitives qui y figurent ne reposent sur aucun acte réglementaire en vigueur et ne sauraient être opposés aux usagers ». Autrement dit, contrairement à ce qu’affirment les publications notamment sur les réseaux sociaux, aucun texte réglementaire n’a instauré les sanctions présentées.

Source publication Facebook du MiTTA
Le ministère a également diffusé sur sa page Facebook un second visuel apportant des précisions supplémentaires. Cette nouvelle publication rappelle qu’à ce jour, aucun radar automatique n’est encore opérationnel au Sénégal. Le ministère précise toutefois qu’un projet de système de contrôle automatisé de la circulation est effectivement en cours d’élaboration. Il indique que ce dispositif fera l’objet, avant toute entrée en service, d’une communication officielle ainsi que d’une campagne nationale de sensibilisation.

Source : publication Facebook MiTTA
Les textes réglementaires actuellement en vigueur au Sénégal vont dans le même sens. Aucune disposition du Code de la route ne prévoit la mise en œuvre d’un système de vidéo-verbalisation tel que décrit dans les publications.
Enfin, malgré le démenti officiel du ministère, les articles publiés par Senenews et Senego sont toujours accessibles au moment de notre vérification. Si Senego a par la suite publié un article relayant le démenti du ministère, son premier article annonçant l’entrée en vigueur de la vidéo-verbalisation n’a pas été supprimé. Senenews, de son côté, n’a partagé ni le démenti du ministère, ni une rectification au moment où nous rédigeons cet article.
Cette séquence illustre la rapidité avec laquelle une information non vérifiée peut gagner en crédibilité lorsqu’elle est reprise par des médias largement suivis. Elle rappelle que la notoriété d’une plateforme ou d’un média ne constitue pas, à elle seule, une garantie de fiabilité. Pour limiter les risques de désinformation, il demeure essentiel de vérifier les informations auprès de plusieurs sources.
CONCLUSION
Les publications annonçant l’entrée en vigueur de la vidéo-verbalisation au Sénégal sont fausses. Contrairement à ce qui est affirmé, aucun décret n’a instauré un système de verbalisation automatique des infractions routières. Le ministère des Transports terrestres et aériens a démenti ces informations.
