Source : Photo (archives) : Patrice Talon vote lors des législatives de 2023. @Présidence du Bénin
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Depuis plus d’un mois, le Bénin est en plein processus électoral. Contrairement aux échéances passées, les élections législatives et communales constituent un premier test majeur pour le dispositif électoral après les réformes politiques. Trois élections sont prévues successivement au cours de l’année 2026.
Les chiffres clés
Au Bénin, 7 834 608 électeurs sont appelés à voter pour les différents candidats en lice dans le cadre des élections législatives et communales de 2026. Sur le nombre total d’électeurs, on dénombre 3 794 073 hommes et 4 040 535 femmes.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) a déployé 89 686 agents électoraux. Ils ont la charge d’assurer l’organisation du vote dans 1 102 postes de vote sur toute l’étendue du territoire national. Au Bénin, les bureaux de vote ouvrent à 7 h et ferment à 17 h (GMT+1).
À la fermeture des bureaux de vote, une opération de dépouillement est organisée sur place en présence des observateurs, des représentants de partis politiques et des électeurs.
Seule la Cour constitutionnelle a la prérogative de proclamer les résultats définitifs des élections législatives après l’analyse d’éventuelles requêtes. Elle intervient après les résultats provisoires communiqués par la CENA. Par contre, pour ce qui est des élections communales, la loi donne le pouvoir à la CENA de procéder à la proclamation des résultats définitifs.
Pour le double scrutin du 11 janvier 2026, la Commission électorale nationale autonome a programmé la proclamation des résultats pour les 12 et 13 janvier 2026.
Les enjeux et le contexte
Les élections législatives et communales aboutiront à l’installation de la première législature et des premiers conseils communaux pour un mandat de 7 ans renouvelable. Il s’agit d’une nouvelle réforme portée suite à la récente révision de la Constitution en novembre 2025.
Au total, cinq partis politiques, dont trois se réclament de la mouvance présidentielle, participent à ces deux élections. Les formations politiques Union progressiste le Renouveau (UPR), le Bloc républicain (BR), Moele-Bénin, Les Démocrates et la FCBE sont en compétition pour les 109 sièges de l’Assemblée nationale.
Cependant, pour être éligible au partage des sièges au Parlement, chaque formation politique doit obtenir 20 % des suffrages exprimés par circonscription conformément à l’article 146 nouveau du Code électoral. Par ailleurs, pour contourner ce quota exigé par le Code électoral, les partis ont la possibilité de signer des accords parlementaires. Cette stratégie a été adoptée par quatre des cinq partis politiques (UPR, BR, Moele-Bénin et FCBE).

Source : Code électoral
Le taux de participation constitue un enjeu majeur pour ces élections. Les électeurs ayant montré ces dernières années un désintéressement pour les processus électoraux. Les dernières législatives de 2019 organisées sans la participation d’aucun parti de l’opposition avaient enregistré un taux de participation de seulement 27,12 %. En 2023, malgré la présence du parti d’opposition Les Démocrates, seulement 38,66 % des électeurs avaient fait le déplacement aux urnes. Les dernières communales organisées en 2020 avec un seul parti d’opposition ont connu une participation de 49,14 %.
Certains pensent qu’il n’y a pas d’intérêt à s’attarder sur ces élections. Le peu d’engouement observé autour de la campagne électorale en dit long. La coïncidence de la période électorale avec les festivités des Vodun Days n’a fait qu’empirer ce désintéressement.
Il faut souligner que ce processus électoral a été marqué par un début tendu. Le parti Les Démocrates, qui était en grande difficulté, a accusé le pouvoir de manœuvres d’exclusion. Finalement, il ne participe qu’aux élections législatives, sans accord parlementaire.
