Source : Le siège de la Commission électorale nationale autonome (Cena), à Cotonou, le 12 avril 2021 AFP PIUS UTOMI EKPEI
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Les électeurs béninois ont voté le dimanche 11 janvier 2026 pour les élections législatives et municipales. Si le scrutin s’est globalement déroulé dans un climat calme, son ouverture a été marquée par des retards dans plusieurs localités, liés notamment à des contraintes logistiques.
Les Béninois étaient appelés aux urnes ce dimanche dans le cadre des élections législatives et municipales couplées. Ce scrutin vise à renouveler les 109 membres de l’Assemblée nationale, désormais élus pour un mandat de sept ans à la suite de la récente révision constitutionnelle, ainsi que les conseils municipaux sur l’ensemble du territoire.
Le vote s’inscrit dans un contexte politique sensible, marqué notamment par une tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025 et par l’ouverture d’une année électorale qui doit se poursuivre avec l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026. Cinq partis politiques participent aux législatives, dont trois issus de la mouvance présidentielle : l’Union progressiste le Renouveau (UPR), le Bloc républicain (BR) et Moele-Bénin.
Des retards d’ouverture observés dans plusieurs localités
Conformément au calendrier électoral arrêté par la Commission électorale nationale autonome (CENA), les bureaux de vote devaient ouvrir à 7 heures (GMT+1) sur l’ensemble du territoire national pour un scrutin initialement prévu jusqu’à 17 heures (GMT+1). La CENA avait toutefois rappelé, en amont du vote, que la durée légale du scrutin est fixée à dix heures effectives par bureau de vote, ce qui implique que tout retard à l’ouverture doit être compensé par une prolongation équivalente à la fermeture.
Dans la pratique, le déroulement du vote a été marqué par des retards d’ouverture dans plusieurs bureaux de vote, notamment dans certaines communes du sud du pays. Selon les observations de terrain recueillies par WANEP Bénin, des bureaux de vote ont ouvert avec un décalage allant de quelques dizaines de minutes à plusieurs heures, principalement en raison de l’arrivée tardive du matériel électoral ou de la finalisation tardive de son installation.
Ces retards ont été observés dans plusieurs localités, y compris dans des zones urbaines à forte densité électorale. À Cotonou et dans ses environs, notamment à Godomey et Abomey-Calavi, certains bureaux n’étaient pas opérationnels aux premières heures de la matinée. Des situations similaires ont été signalées dans d’autres communes, où le matériel électoral – urnes, bulletins, isoloirs ou listes électorales – est arrivé après l’heure officielle d’ouverture.
Les données compilées par les observateurs de WANEP indiquent que, dans certains centres de vote, l’ouverture effective n’est intervenue qu’entre la fin de la matinée et le début de l’après-midi. Dans plusieurs cas, le premier bureau de vote d’un centre n’a accueilli les électeurs qu’après midi (12h), tandis que d’autres bureaux ont ouvert encore plus tard.
La CENA reconnaît des dysfonctionnements logistiques localisés
Interrogé au cours de la journée électorale, le président de la CENA, Sacca Lafia, a reconnu l’existence de retards localisés, en particulier dans le département du Littoral. Il a attribué ces dysfonctionnements à des contraintes logistiques liées à l’acheminement du matériel électoral, tout en soulignant que la majorité des bureaux de vote avaient pu ouvrir dans des délais jugés acceptables.
Le président de l’organe électoral a également insisté sur le fait que ces retards n’affectent pas la régularité du scrutin, rappelant que les textes électoraux prévoient explicitement le rattrapage intégral du temps perdu. Ainsi, les bureaux ayant ouvert en retard devaient prolonger les opérations de vote au-delà de l’horaire initialement prévu afin de garantir aux électeurs le temps légal de vote.
Malgré ces difficultés organisationnelles, le climat général du scrutin est resté globalement calme. Aucune source crédible n’a fait état d’incidents majeurs susceptibles de perturber le déroulement du vote à l’échelle nationale. Les forces de défense et de sécurité ont été déployées autour des centres de vote et des lieux sensibles, contribuant à prévenir les troubles.
Dans plusieurs communes, des observateurs ont noté une présence effective des forces de sécurité, sans intervention notable dans le déroulement des opérations électorales. Cette configuration s’inscrivait dans un contexte sécuritaire particulier, le pays ayant récemment déjoué une tentative de coup d’État (décembre 2025), ce qui avait conduit les autorités à renforcer la vigilance autour du scrutin.
Mobilisation électorale variable selon les zones
La participation électorale a varié selon les localités et les moments de la journée. Dans certains bureaux, notamment en milieu urbain, la mobilisation matinale a été jugée modérée, avant une affluence plus marquée au fil des heures. Il est cependant prématuré d’avancer un taux de participation même de manière provisoire.
Des responsables politiques, dont le président Patrice Talon, ont accompli leur devoir civique dans la matinée, appelant publiquement au calme et au respect des règles démocratiques.
À l’issue des opérations de vote, le dépouillement devait se dérouler immédiatement après la fermeture effective des bureaux, conformément aux procédures établies par la CENA. Les procès-verbaux devaient ensuite être transmis aux centres de centralisation avant leur acheminement vers la CENA pour compilation des résultats provisoires.
