SENEGAL

Le Sénégal a-t-il exigé de la Guinée-Bissau le respect du calendrier électoral?  

Le Sénégal a-t-il exigé de la Guinée-Bissau le respect du calendrier électoral?  
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FAIT : Le compte TikTok Géopolitique SN affirme qu’une note officielle du ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères exige des autorités de transition bissau-guinéennes le maintien du scrutin législatif et présidentiel prévu le 6 décembre 2026, ainsi que la levée immédiate des restrictions politiques.

TEXTE 

Dans une vidéo publiée sur TikTok, le compte Géopolitique SN affirme ‘’Le président Bassirou Diomaye Faye exige de la junte du général Horta Inta’a et du Premier ministre Ilídio Vieira Té le maintien strict du scrutin législatif et présidentiel prévu le 6 décembre 2026, ainsi qu’une levée immédiate des restrictions politiques’’.

Le Sénégal a-t-il exigé de la Guinée-Bissau le respect du calendrier électoral?  

Source: TikTok géopolitique sn 

Le compte évoque également un ‘’comble absolu de l’ironie diplomatique’’, s’interrogeant sur la capacité du Sénégal à donner des leçons de calendrier électoral à ses voisins alors qu’il peine à appliquer la même rigueur démocratique sur son propre territoire.

Il met notamment en avant le contraste entre les exigences prêtées aux autorités sénégalaises à l’égard de la Guinée-Bissau et le probable report des élections locales au Sénégal, d’autant que le président Bassirou Diomaye Faye aurait présenté, selon la vidéo TikTok, la tenue régulière des élections comme une ‘’obsession permanente’’.

En sa qualité de président en exercice de la CEDEAO et de médiateur en Guinée-Bissau, le Sénégal entend se concerter avec les autres États membres et les partenaires concernés, dans le respect de la souveraineté bissau-guinéenne et des aspirations démocratiques de son peuple, indique un communiqué officiel. Aussi, la Commission de la CEDEAO est dirigée par le général Birame Diop, ancien ministre sénégalais des Forces armées.

Rappelons qu’en Guinée-Bissau, le coup d’État de novembre 2025 a interrompu le processus électoral. Les autorités de transition ont retenu la date du 6 décembre 2026 pour la tenue des prochaines élections législatives et présidentielle. En août 2026, une nouvelle Constitution a été adoptée par référendum, renforçant les pouvoirs du président de la République.

Le président de la transition bissau-guinéenne, Horta Inta-a, a rencontré jeudi 8 octobre le Premier ministre Ilídio Vieira Té et la Commission nationale des élections (CNE) pour évaluer les conditions financières et techniques nécessaires à l’organisation des élections générales le 6 décembre 2026. 

VÉRIFICATION

Nous avons consulté le communiqué du ministère sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères relatif à la situation politique en Guinée-Bissau. Le document ne contient aucune exigence explicite de maintien du scrutin à la date du 6 décembre 2026, contrairement à ce qu’affirme Géopolitique SN.

En revanche, le communiqué aborde effectivement la question des restrictions politiques et appelle les autorités de transition à favoriser un retour à l’ordre constitutionnel.

S’agissant du calendrier électoral, le ministère indique prendre acte des déclarations des autorités de transition faisant état de contraintes juridiques, techniques et institutionnelles susceptibles de compromettre le respect des échéances annoncées.Cette formulation ne correspond pas à une exigence de maintien strict de la date du 6 décembre 2026. 

Le Gouvernement sénégalais souligne que toute modification du calendrier électoral doit s’inscrire dans une démarche consensuelle, inclusive et transparente, assortie de garanties claires quant à l’achèvement de la transition dans les meilleurs délais.

Le Sénégal appelle, en conséquence, les autorités de transition à engager, avec l’ensemble des forces politiques et sociales bissau-guinéennes, un dialogue constructif afin de convenir des conditions et des modalités d’un retour effectif à l’ordre constitutionnel.

Le Sénégal a-t-il exigé de la Guinée-Bissau le respect du calendrier électoral?  

Source: compte X Ministère de l’intégration africaine et des affaires étrangères du Sénégal 

La vidéo souligne également le contraste entre les exigences prêtées aux autorités sénégalaises à l’égard de la Guinée-Bissau et les élections locales au Sénégal pour lesquelles la date n’est pas encore fixée, qualifiant cette situation de ‘’comble absolu de l’ironie diplomatique’’. À ce sujet, la Cour suprême du Sénégal a tranché, estimant qu’il n’y avait pas d’urgence suffisamment caractérisée et que les articles L.236 et L.269 du code électoral permettent, lorsque les circonstances l’exigent, de déroger au délai normal de renouvellement des mandats des élus locaux. Ainsi, un probable report des élections locales au Sénégal respecterait les lois du pays. 

CONCLUSION

L’affirmation de Géopolitique SN est partiellement fausse. Le communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères appelle à la levée des restrictions politiques et au retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau. Toutefois, il n’exige pas le maintien du scrutin du 6 décembre 2026. Au contraire, il prend acte des contraintes évoquées par les autorités de transition et préconise une démarche consensuelle et transparente concernant le calendrier électoral.