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Guinée : aucune preuve d’un déploiement des forces spéciales pour sécuriser l’après-scrutin présidentiel

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FAIT : Une publication relayée sur X par le journaliste Abdoulaye Oumou Sow, s’appuyant sur un article du site KoumaMedia, affirme que le président de la transition et candidat à la présidentielle du 28 décembre 2025, Mamadi Doumbouya, aurait ordonné le déploiement de 200 éléments des forces spéciales dans chacune des régions militaires du pays afin de « verrouiller l’après-scrutin ».

TEXTE

Les Guinéens sont appelés aux urnes ce dimanche 28 décembre 2025 pour élire un nouveau président de la République, un scrutin présenté par les autorités comme devant marquer la fin de la transition ouverte après le coup d’État du 5 septembre 2021. La campagne électorale officielle s’est achevée le 25 décembre à minuit, laissant place à la phase de vote puis à l’attente des résultats.

L’article publié le 23 décembre 2025 par le site KoumaMedia affirme que le président Mamadi Doumbouya aurait déployé environ 200 éléments des forces spéciales par région militaire. L’information, présentée comme issue de « sources militaires et administratives concordantes », a été publiée sur les réseaux sociaux par le journaliste Abdoulaye Oumou Sow, alimentant ainsi des interrogations sur une éventuelle militarisation du processus électoral et sur le rôle des forces spéciales dans la sécurisation du scrutin.

Guinée : aucune preuve d’un déploiement des forces spéciales pour sécuriser l’après-scrutin présidentiel

Source : publication X de Abdoulaye Oumou Sow

VÉRIFICATION

Selon le cadre légal et institutionnel, la sécurisation de l’élection présidentielle relève du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation (MATD), à travers la Direction générale des élections (DGE), conformément aux textes en vigueur. À ce titre, le MATD a publié, le 27 décembre 2025, un arrêté portant mesures de sécurité applicables pendant le déroulement du scrutin. Ce texte prévoit notamment la fermeture temporaire des frontières, la restriction de la circulation, l’interdiction des attroupements autour des bureaux de vote et l’encadrement des déplacements. Aucune disposition de cet arrêté ne fait référence à l’engagement ou au déploiement des forces spéciales dans le dispositif électoral.

Guinée : aucune preuve d’un déploiement des forces spéciales pour sécuriser l’après-scrutin présidentiel

Source : publication Facebook du MATD

Par ailleurs, la Police nationale a officiellement communiqué, le 26 décembre 2025, sur le schéma de sécurisation du scrutin. Selon les autorités policières, 11 626 agents de police ont été déployés sur l’ensemble du territoire, dont 7 878 dans la zone spéciale de Conakry et 3748 à l’intérieur du pays, avec une répartition détaillée par région. Ce communiqué précise que la police assurera la sécurité du processus électoral, de l’ouverture des bureaux de vote à la proclamation des résultats finaux. Aucune mention des forces spéciales n’apparaît dans ce communiqué.

Guinée : aucune preuve d’un déploiement des forces spéciales pour sécuriser l’après-scrutin présidentiel

Source : publication Facebook de la Direction générale de la Police 

Enfin, à la veille du scrutin, le président de la transition a présidé, le 27 décembre 2025, une session du Conseil supérieur de la défense nationale (CSDN), consacrée à l’évaluation du dispositif sécuritaire et à la continuité de l’État. Selon la communication officielle issue de cette réunion, les discussions ont porté sur la mobilisation des forces de défense et de sécurité de manière générale, sans qu’il ne soit fait état d’un déploiement spécifique des forces spéciales dans les régions militaires.

Guinée : aucune preuve d’un déploiement des forces spéciales pour sécuriser l’après-scrutin présidentiel

Source : publication Facebook de la Présidence de la République de Guinée

Au-delà de KoumaMedia, aucune autorité guinéenne, aucun communiqué officiel, ni aucun média national ou international crédible n’a confirmé l’existence d’un tel déploiement de 200 éléments des forces spéciales par région dans le cadre de l’élection présidentielle.

CONCLUSION

L’affirmation selon laquelle Mamadi Doumbouya aurait déployé 200 éléments des forces spéciales par région pour « verrouiller l’après-scrutin » est infondée. Les informations officielles disponibles indiquent que la sécurisation de l’élection présidentielle repose sur la Police nationale, sous la coordination du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, sans implication annoncée des forces spéciales.

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